Visites de Bilhères

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Visites de Bilhères en Ossau

Nous avons organisé plusieurs visites du village avec le concours de la municipalité et en partenariat avec le Pays d’Art et d’Histoire des Pyrénées béarnaises (PAH). La première a eu lieu le 21 décembre 2012, les suivantes en 2013, en juin, juillet, août et septembre et en septembre 2014.

 

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EGLISE SAINT-JEAN BAPTISTE DE BILHERES 

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Le village placé sous le patronage de Saint Jean Baptiste possédait une église depuis le moyen-âge qui  dut subir des réparations assez importantes au niveau de la charpente et de la toiture vers la fin du XVIII° siècle. Elle est placée sous le vocable de Saint-Jean Baptiste,  la fête patronale est donc en juin.

Le siège judicial était proche de l’église, du coté d’orient.

L’église possédait dès le XVI° siècle un retable commandé à Arnaud-Guilhem de Melles, originaire de Bruges, près de Nay et à  Pierre de Sobernats d’Iseste, qui s’engagèrent en 1552 à « peindre un retable de bas en haut, les menuiseries et images, d’or d’azur et autres couleurs riches, ainsi que trois grandes images peintes et dorées,( statues ou peintures, on ne sait),  ainsi que le tabernacle et deux croix. » Mais de tout cela il ne reste apparemment rien, bien que cela fasse l’admiration des valléens à l’époque et servit de modèle pour la réalisation du retable de la chapelle  de la Vierge à Laruns;

L’église construite au Moyen-âge  présentait un état de délabrement assez important dans le courant du XIX° siècle. Des éboulements de terrain avaient endommagé le bâtiment au XVIII° siècle et donc il fallait s’occuper de son devenir.  Le cimetière était aménagé sur le flan est et sud de l’église. En 1835 on fit quelques réparations au clocher, porche, crépis et lambris. En 1860 la Communauté déclare qu’il serait urgent de faire des travaux importants à l’église  mais que l’on manque d’argent. Un premier projet de reconstruction avait été proposé par Émile Loupot, mais il fut refusé. En 1862 on en  présente un autre avec plans et l’on confie à Pierre Gaulet de Bielle la restauration et l’agrandissement du bâtiment.  Elle fut donc édifiée vers 1863 par Gustave Levy, architecte départemental,  et un autre architecte Cyrille Noguez. On garda l’ensemble des murs mais on suréleva le bâtiment en aménageant des bas-côtés à la place des chapelles latérales et l’on prévoit un vaste porche ouvrant à l’ouest.

L’édification est donc  l’œuvre des entrepreneurs  Pierre Gaulet et Jean Courtois de Bielle. La réception des travaux eut lieu en 1868. Le conseil décida même de reporter l’aménagement du chemin de Bielle au Bénou pour consacrer ses ressources à la restauration de l’église.

De style néo-gothique elle est composée  d’une abside polygonale ancienne et d’une nef flanquée de bas cotés, à quatre travées avec voutes en ogive.  Elle se termine à l’ouest par un clocher porche surmonté d’une flèche polygonale qui domine des toits à longs pans.

Les voûtes sont couvertes de peintures décoratives, œuvre du  peintre  Paul Poublan, qu’il réalisa en 1867, voûte bleu azur profond, parsemée d’étoiles. On notera les  vives couleurs exécutées au XIX° siècle, dans l’esprit des décors des églises de la vallée, comme on le voit à Bescat et Louvie-Soubiron et comme on pouvait l’admirer dans l’ancienne église de  Laruns.

En 1864 Jules-Pierre Mauméjan réalisa un  ensemble de verrières. Les vitraux sont  de style purement néo-gothique,  agrémentés de décors naturalistes et de personnages en buste, inscrits dans des médaillons et cernés de motifs architecturaux. Ils ont été réalisés par les Etablissements Thibaud de Clermont.

Dans le chœur on  reconnaît grandeur nature,  Saints Pierre et Paul.  Ceux des bas-côtés représentent des saints en buste dans des médaillons placés au centre de décors ornemanistes néo-gothiques.

Deux pierres sculptées à l’époque  gothique ont été encastrées dans les bas-côtés. On distingue sur l’une un animal et l’autre pierre très endommagée laisse apparaitre un beau modelé rappelant un corps recouvert d’écailles et une queue enroulée. Ce doit être la figuration d’une sirène, motif représenté dans le monde religieux notamment dans l’ancienne église de Laruns.

L’église a gardé une partie de son mobilier ancien en  bois peint et doré, en partie remonté dans le chœur.

Un baldaquin de bois sculpté, polychrome et doré  surmonte la table d’autel l’encadrant de volumineuses et élégantes colonnes torses à chapiteaux corinthiens. A la partie sommitale une statue de Saint Jean  entraine notre regard  vers  le sommet de la voute céleste.

Le Maître-autel est composé d’un coffre de forme rectangulaire. Le devant d’autel est décoré de sculptures en bas relief. Des rinceaux symétriques encadrent un médaillon central où figure le patron Saint Jean Baptiste. Il est rythmé par des colonnes torses, le tout dans un bois polychrome et doré. Des pampres et des oiseaux courent sur le fut des colonnes d’un ancien retable, elles soutiennent le baldaquin. A la partie inférieure, sur les soubassements on a sculpté de délicates figurations des évangélistes et des corbeilles de fleurs. Le couronnement du baldaquin et le tabernacle sont l’œuvre du XIX° siècle. Une ancienne statue  du patron, en bois polychrome,  surmonte le baldaquin.

Un Confessionnal  ancien est placé en fond de l’église, à coté de la cuve baptismale protégée par une haute et élégante balustrade de bois moulurée. A l’ opposé un escalier hélicoïdal permet d’accéder à la tribune.

En fond de nef, deux tableaux sur  toiles peintes représentent Saint-Michel combattant le dragon, le martyre de Saint-Sébastien et un évêque,  ces œuvres furent exécutées vraisemblablement du XIX° siècle.

Dans l’abside et le cœur des consoles supportent des statues de saints en plâtre ou céramique, réalisées au XIX° siècle, témoins des dévotions des paroissiens du lieu. On y reconnaît Saint Pierre,  Saint Jacques, Saint Roch, Saint Louis, et Saint Michel, François Xavier et Jeanne d’Arc, Sainte Germaine, Saint Antoine de Padoue et l’Ange gardien.

 Deux chapelles latérales sont respectivement dédiées à Saint Joseph, déclaré au XIX° siècle protecteur de la famille et patron de l’église universelle et à la Vierge représentée ici avec ses parents Saint Joachim et Sainte Anne., au dessus d’un autel de marbre blanc.

Françoise Fabre-Barrère      Novembre 2012

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